Par

Caroline Atchadé

Le franc CFA représente-t-il un frein au développement économique des pays membres ? Ce travail, réalisé par Fatoumata Binta Sow et Caroline Atchadé sous la supervision de M. Sylvain Eloi Dessy, cherche à comprendre et examiner dans quelle mesure la monnaie influence la trajectoire de la croissance et la stabilité économique en plus d’aborder l’importance de la souveraineté monétaire.

Le Franc CFA c’est quoi ?

Le franc CFA, de son appellation d’origine « franc des Colonies françaises d‘Afrique », a été créé le 26 décembre 1945. Au lendemain des indépendances dans les années 1960, l’acronyme CFA est préservé et rebaptisé « Communauté financière africaine » en Afrique de l’Ouest et « Coopération financière en Afrique » dans les pays membres situés en Afrique 4 Central (BCEAO, 2025 ; BEAC, 2025). 

La Zone CFA constitue un espace monétaire, économique et culturel et rassemble à ce jour quatorze pays africains. 8 pays en Afrique de l’Ouest font partie de cette union, soit le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, Niger, Sénégal et le Togo. Ceux-ci forment l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), dont l’institut d’émission est la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) (INSEE, 2020). En complément, 6 pays en Afrique centrale, soit le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad formant la Communauté Économique de l’Afrique centrale (CEMAC), dont l’institut d’émission est la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) (Prao, 2012, p. 29). 

Caractéristiques du franc CFA

Parité fixe

Le franc CFA est rattaché à la devise française par une parité fixe depuis sa création. De ce fait, son taux de change est fixe, c’est-à-dire qu’il est absent de fluctuation. Autrement dit, la valeur est indépendante de la performance économique des pays faisant partie de l’union monétaire. 

Cette parité fixe offre une stabilité et une prévisibilité, des facteurs favorables à l’investissement étranger, particulièrement ceux issus de la zone euro.

Garantie de convertibilité illimitée et libre avec l’euro

Facilite le commerce avec les pays de la zone euro dû à la conversion accessible entre les deux devises.

Libre transfert au sein de la zone CFA

Permet une circulation fluide des fonds et des investissements entre les pays membres, facilitant ainsi les échanges économiques intra-africains.

Méthodologie

Indicateurs

Sept indicateurs macroéconomiques ont été sélectionnés afin de démontrer l’impact du franc CFA sur le développement, soit le produit intérieur brut (PIB) par habitant, le taux d’inflation, la balance commerciale et les investissements directs étrangers (IDE) seront étudiés. La période d’analyse pour l’ensemble de ces indicateurs est de 2010 à 2023.

Afin de comparer le bien-être et le climat social, deux indicateurs seront utilisés : l’indice de développement humain (IDH) et l’indice d’iniquité de genre (GII).

Pour finir, le septième et dernier indicateur dans le cadre de ce travail est l’indice de perception de la corruption. Cette enquête annuelle menée par l’agence Transparency International a pour but d’évaluer un le niveau de corruption, un phénomène difficilement perceptible en raison de sa nature discrète (Transparency International, 2022).

Pays comparés

La sélection des pays comparés repose sur une méthode rigoureuse de mise en paires, fondée sur quatre critères principaux : la position géographique notamment l’accès à la mer, la quantité de ressources naturelles exploitées, la démographie et le degré de consolidation démocratique (Gazibo, 2010). À l’issue d’une sélection basée sur ces diverses considérations, deux paires de pays ont été sélectionnées soit le Sénégal et la Guinée (Conakry) que nous appellerons : étude de cas 1. L’étude de cas 2 est celle du Bénin et du Ghana. Rappelons que le Sénégal et le Bénin font tous deux partie de la zone CFA et le Ghana à comme monnaie le cedi tandis que la Guinée adopte le franc guinéen.

Ainsi, la sélection des pays est basée sur des similitudes géographique, économique et politique dans le but d’isoler autant que possible l’effet du franc CFA sur les performances en matière de développement.

Résultats

PIB par habitant

Les pays de la Zone CFA comme le Sénégal et le Bénin affichent une croissance plus stable possible dû à l’arrimage du franc CFA à l’euro, contrairement au pays hors de la Zone CFA comme le Ghana et la Guinée qui connaissent des fluctuations plus marquées. En effet, avec une monnaie nationale plus vulnérable ses pays subissent des chocs extérieurs rendant leurs développements incertains. La stabilité monétaire que procure cet arrimage à l’euro permet une gestion macroéconomique plus prévisible, même en période de crise.

Taux d’inflation

Les pays de la zone CFA bénéficient généralement d’une bonne maîtrise de l’inflation grâce à un cadre monétaire plus rigide et prévisible. Cependant, les pays hors de la zone CFA, même s’ils ont plus de flexibilité monétaire, ils sont plus exposés à l’instabilité et aux crises inflationnistes.

Balance commerciale

La comparaison démontre que bien que la Guinée et le Ghana aient connu des déficits commerciaux élevés, ils sont parvenus à les réduire significativement au fil du temps. Contrairement aux pays de la zone CFA (Sénégal et Bénin), qui continuent de présenter des déficits persistants, et parfois croissants.

Investissements directs étrangers (IDE)

Les pays de la zone CFA (Sénégal, Bénin) bénéficient d’une stabilité monétaire et d’une prévisibilité macroéconomique, qui rassurent les investisseurs, même si l’ampleur des IDE varie selon les politiques économiques internes. Les pays hors zone CFA (Guinée, Ghana), quant à eux, montrent que la richesse en ressources naturelles ou la souveraineté monétaire ne suffisent pas à garantir une attractivité durable s’ils ne sont pas accompagnés de stabilité politique, de bonne gouvernance et de diversification économique.

Indice de développement humain

L’appartenance à la zone CFA ne détermine pas à elle seule le niveau de développement humain. En effet, d’autres facteurs comme la richesse en ressources naturelles, la bonne gouvernance, la stabilité politique, ou encore la capacité à investir dans les secteurs sociaux jouent un rôle déterminant. Le Ghana est riche en or, cacao et pétrole, et a su mieux exploiter ces ressources que le Bénin, ce qui explique en partie son meilleur score IDH.

Indice d’iniquité de genre (gender inequality index)

Ces écarts d’indices sont potentiellement dus au niveau d’industrialisation plus avancé au Sénégal et au Ghana qu’au Bénin et en Guinée. Ce qui se traduit par une parité plus marquée dans le marché du travail sénégalais et ghanéen. Les autres causes de ces écarts en matière d’égalité lié au genre doivent faire l’objet d’une analyse subséquente afin d’être clairement identifié.

Indice de perception de la corruption

Même si les pays de la zone CFA sont généralement perçus comme étant des pays mieux situés en matière de gouvernance surtout le Sénégal et Bénin qui sont vus comme des pays exemplaires en Afrique de l’Ouest, n’empêche qu’ils ont un score inférieur à 50. Ce qui démontre que le problème du développement économique africain et les enjeux qui en découlent ne s’expliquent pas uniquement par la question monétaire.

Le franc CFA, un outil du néocolonialisme ?

La question du néocolonialisme est incontournable lorsqu’il est question du franc CFA. Bien que nos résultats démontrent une absence de causalité directe entre le sous-développement économique et la monnaie la question politique ce doit être examiné afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble.

Le néocolonialisme est une relation de dépendance qu’exerce un pays indépendant sur un autre dans le but de conserver une influence (Ardant, 1965, p. 838). Cette dépendance n’est pas forcément formelle et peut prendre des formes insidieuses comme l’imposition de conditionnalités économiques par les institutions financières internationales, la captation des ressources naturelles par des entreprises étrangères, ou encore la diffusion de normes culturelles et éducatives dominantes. Le concept se distingue du colonialisme en mettant l’emphase sur le fait que les deux pays concernés sont souverains, de ce fait, on parle d’une dépendance post-indépendance.

Arguments pour

Le premier argument soutenant ces accusations remonte aux origines de la devise. Le FCFA a été imposé par la France, ce qui implique que les colonies africaines n’avaient pas d’agentivité ni de droits afin de s’opposer à cette décision ni même d’être consultées en amont. Le fait qu’elle ait survécu aux indépendances suscite de nombreux débats, car elle lie directement la France à ses anciennes colonies et est souvent vu un prolongement de l’époque coloniale (Jacquemot, 2017). De nombreux pays mènent une lutte sans relâche pour se détacher de ce passé. Ce constat soulève de nombreuses questions relatives au respect du principe de souveraineté. Étant donné que le franc CFA est arrimé à l’euro et soumis à des accords de coopération monétaire avec la France. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas décider librement de modifier la valeur du Franc CFA (par dévaluation ou réévaluation) sans l’accord des autorités monétaires françaises et européennes. Ainsi, cette monnaie prescrite de force crée une dépendance des pays de la zone Franc en raison de son indexation à l’euro (Diallo, 2002). Cet arrangement a été critiqué pour avoir créé des dépendances et compromis la souveraineté des pays africains (Faster Capital, 2024). Le troisième argument en support du FCFA en tant qu’instrument néocolonial est le fait que l’argent est imprimé en sol français. 

N’empêche que dans les systèmes juridiques nationaux et internationaux, le droit de créer et de réguler la monnaie est une prérogative essentielle de la souveraineté d’un État. Historiquement, les États ont souvent revendiqué le monopole de la création monétaire, afin de fixer son nom, sa valeur et ses règles de circulation.  C’est cette souveraineté qui lui permet de fixer librement la valeur de sa monnaie à travers des manipulations monétaires c’est-à-dire sur la dévaluation ou la réévaluation de sa monnaie (Diallo, 2002). Ce qui n’est pas le cas des pays de la zone CFA. Cependant, l’externalisation de ce mandat présente des enjeux majeurs liés à la sécurité puisque des éléments confidentiels pourraient fuiter, engendrant ainsi des billets frauduleux en circulation (Giles, 2019). Le quatrième et dernier argument correspond au droit de veto octroyé à la France au sein des instances décisionnelles de la zone CFA soit la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).

Ce manque de souveraineté monétaire dans les pays de la zone CFA entrave leur autonomie économique et limite leur capacité à mettre en œuvre des politiques monétaires adaptées à leurs réalités nationales. Les pays africains doivent négocier avec la France s’il désire apporter des ajustements nécessaires à travers des mesures et des réformes. Dès lors, les États concernés ne disposent pas du contrôle total sur l’émission de leur propre monnaie. Par ailleurs, l’usage d’une monnaie commune, qui devrait en principe renforcer la coopération économique et stimuler l’intégration régionale, n’a pas produit les effets escomptés. L’intensité des échanges commerciaux entre les pays membres de la zone CFA demeure faible, ne représentant qu’environ 15 % du volume total de leurs échanges (Jacquemot, 2017), révélant ainsi une faible cohésion économique malgré le partage d’une même devise.

Arguments contre


En revanche, selon certains, le franc CFA ne peut pas être considéré comme pour un outil du néocolonialisme, car chaque pays est libre de quitter la zone franc, comme ce fut le cas de la Guinée, qui en était membre et en est sortie en 1960, en introduisant sa propre monnaie, le franc guinéen. De même, le Mali a quitté la zone en 1962, en créant le franc malien dans l’espoir de maîtriser sa politique monétaire et d’affirmer son indépendance économique. Cependant, en 1984, il réintègre la zone CFA en raison de l’instabilité de sa monnaie nationale, non convertible. On peut également citer la Mauritanie, qui a choisi de ne pas signer le traité de l’UMOA et a quitté la zone en 1973, en adoptant l’ouguiya. Ainsi, en y regardant de plus près, il est possible de constater que les pays sont véritablement libres, et que les États qui en sont membres le sont par choix et s’y sont habitués (MEFS, 2019).

En ce qui concerne l’impression des billets en France, ce sont les banques centrales africaines qui sont chargées de donner les ordres d’impression de billets et de pièces, dans le cadre d’un contrat passé avec un opérateur, en l’occurrence la Banque de France. Ainsi, conformément à ce contrat, l’impression du franc CFA, tout comme celle des devises d’une vingtaine de pays, se fait à Chamalières par la Banque de France depuis sa création en 1945. Les chefs d’État des pays membres de la zone franc peuvent, d’un commun accord, décider de changer le lieu de fabrication de leur monnaie. Par ailleurs, de nombreuses autres monnaies africaines sont également fabriquées dans des pays tiers, car tous les États ne disposent pas d’imprimeries spécialisées. Par exemple, le franc guinéen, le birr éthiopien, le shilling ougandais ou le pula botswanais sont imprimés en Angleterre ; l’ouguiya mauritanien, le nakfa érythréen, le shilling tanzanien ou le kwacha zambien sont produits en Allemagne ; et le dollar libérien est imprimé aux États-Unis. De la même manière, l’euro n’est pas produit par chacun des 19 pays membres de la zone euro, mais dans 11 imprimeries réparties au sein de l’Union européenne. Ainsi, même si l’impression des billets n’est pas effectuée directement par les pays de la zone franc, cela ne devrait pas poser un problème, d’autant que d’autres économies solides fonctionnent de la même manière. En somme, les critiques adressées au franc CFA méritent d’être examinées, mais certains arguments comme l’impression des billets en France relèvent davantage de symboles que de réalités structurelles contraignantes. Ce qui importe davantage, c’est la capacité des États membres à peser collectivement dans les décisions monétaires et à ajuster le système en fonction de leurs priorités économiques (MEFS, 2021).

Il serait réducteur de faire de la monnaie l’unique responsable du retard de développement des pays africains de la zone CFA. Certes, la monnaie constitue une base importante pour le développement économique, mais ce sont avant tout les défaillances dans la gestion des politiques publiques qui expliquent en grande partie cette situation.Les problèmes auxquels l’Afrique fait face ne se limitent pas qu’à la question de la monnaie. Cela va au-delà de cela : l’Afrique fait face à des problèmes structurels comme la corruption, un fléau central et particulièrement visible. En effet, la corruption continue de miner les efforts de développement en Afrique subsaharienne. Le rapport de Transparency International souligne que dans de nombreux pays, les systèmes judiciaires sont compromis, et la lutte contre la corruption reste stagnante, malgré des tentatives de réforme. Le manque de responsabilité, l’impunité des responsables corrompus et l’affaiblissement des institutions judiciaires créent un cercle vicieux qui empêche toute avancée vers une gouvernance plus transparente et plus juste (Transparency International, 2023).

Conclusion et recommendations

L’analyse comparative en utilisant plusieurs indicateurs d’ordre macroéconomique combiné à des indicateurs développementaux a permis de déceler la nature stable des économies de la zone CFA. En effet, nous observons des variations moins marquées chez ces pays. Cependant, cette stabilité représente un coût d’opportunité majeur puisqu’elle semble agir à titre de plafond ou limite. Ainsi, nous ne pouvons pas attribuer l’entièreté de cette stagnation économique à la monnaie. Le vrai problème vient surtout de la mauvaise gestion des politiques internes, de l’absence de réformes structurelles, et d’un système qui profite à une minorité d’élites locales et à certaines entreprises étrangères.

Les analyses des graphiques montrent que la tendance varie selon les pays, en fonction des ressources dont ils disposent, mais surtout selon la solidité des institutions en place. Par exemple, des pays comme le Ghana ou la Guinée, riches en ressources naturelles, peuvent attirer parfois plus d’investisseurs que ceux qui en sont moins pourvus. De même, un pays où règnent la sécurité et la stabilité a plus de chances de renforcer sa capacité d’attraction pour les investisseurs et d’avoir des investissements plus réguliers et prévisibles. De plus, si l’on se penche sur l’indice de développement humain (IDH), qui prend en compte des éléments comme l’espérance de vie, l’accès à l’éducation et le niveau de vie, on constate que le Ghana affiche un meilleur score que le Bénin. Pourtant, le Ghana utilise sa propre monnaie, contrairement au Bénin qui fait partie de la zone CFA. Cela montre que le choix de la monnaie ne détermine pas à lui seul le niveau de développement d’un pays. La stabilité politique, la bonne gouvernance et la qualité des institutions jouent un rôle bien plus déterminant dans ce processus.

Afin de redonner un plein contrôle de la politique monétaire et instaurer une autonomie monétaire complète, des réformes pragmatiques et progressives. Ces réformes auraient comme visé l’éliminer de la présence française des institutions de la zone CFA doivent être mise en place. Ce qui nous mène à un changement de nom. Bien que l’acronyme CFA ait évolué après les indépendances, il représente même à ce jour une évocation directe de son appellation d’origine : « Franc des Colonies françaises d’Afrique ». En effet, bien que l’acronyme CFA ait été redéfini après les indépendances, il demeure, dans l’imaginaire collectif, lié à son origine coloniale : « franc des Colonies Françaises d’Afrique ». Comme le disait Pierre Jacquemot, « les symboles ont leur force », et « changer de nom n’est pas le plus difficile ». Il serait aussi légitime que l’impression des billets ne soit plus assurée en France (à Chamalières), mais en Afrique, renforçant ainsi la souveraineté monétaire.

Puisque de nombreux citoyens africains de la zone CFA souhaitent une réforme ou un abandon de cette monnaie, il revient aux dirigeants de répondre à cette aspiration démocratique. Toutefois, toute transition doit être pensée avec prudence. Puisqu’une réforme brusque pourrait avoir des effets négatifs, notamment la hausse des prix qui frapperait les plus pauvres.

Une intégration monétaire régionale plus large, notamment à travers le projet de monnaie unique de la CEDEAO tel que l’ECO. Bien qu’elle ait été reportée à l’horizon 2020, cette initiative vise à renforcer les échanges intrarégionaux, encore trop faibles, et à créer une solidarité économique dans la région. Toutefois, toute réforme monétaire doit s’accompagner d’un processus d’endogénéisation financière c’est-à-dire un effort pour mobiliser les ressources financières internes des pays concernés. Autrement dit, sans ces leviers internes, le simple changement de monnaie resterait insuffisant pour assurer un développement durable et autonome.

Implications et conséquences des recommandations

La fin de l’indexation à l’euro entraînerait très probablement une forte dévaluation. Toutefois, celle-ci pourrait engendrer de nombreuses retombées positives, notamment sur le plan commercial. Elle faciliterait les échanges entre les pays frontaliers, comme c’est le cas entre la Guinée et le Sénégal. Même si la différence de monnaie n’est pas un obstacle à leurs échanges commerciaux, l’adoption d’une monnaie commune sera plus avantageuse. Ce qui renforcera l’intégration économique et l’union régionale.

Cette décision de réforme ou d’abandon de la monnaie CFA impliquera une réforme des institutions actuelles telles que la BCEAO et la BEAC. Il s’agirait de reprendre le contrôle de la politique monétaire et d’éliminer l’influence française dans la zone CFA, notamment en supprimant la garantie de convertibilité avec la France. Le retrait de la France des organes de décision de la BCEAO symboliserait une plus grande souveraineté monétaire pour les États concernés.

Toutefois, il faudra que les États africains renforcent l’union entre eux pour que cela fonctionne. Une bonne gestion des politiques monétaires devra être mise en place, ainsi qu’un programme de formation destiné à faciliter la transition vers la nouvelle monnaie. En effet, la transition vers une monnaie indépendante entraînera inévitablement des déséquilibres macroéconomiques, tels que l’endettement, les déficits budgétaires et l’inflation, mais cet impact sera de court terme.

En somme, qu’importe l’impact que ce changement aura sur les pays de la zone CFA, il est essentiel pour ces derniers de sortir de l’emprise du franc CFA afin d’octroyer le plein pouvoir et une souveraineté monétaire aux pays membres. Toutefois, il convient de se demander s’ils se sentent prêts à sortir de la zone CFA : sont-ils réellement prêts à assumer les conséquences d’une telle transition monétaire ?

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